Le 17 février 2023, l’Acsel (Association de l’économie du numérique) publiait les résultats de la dixième édition du Baromètre de la confiance des Français dans le numérique.

Numérique et e-commerce : les Français ont confiance mais restent méfiants

 

 

Pour cette nouvelle édition du Baromètre de la confiance des Français dans le numérique, Toluna Harris Interactive a sondé 1 247 personnes pendant la deuxième quinzaine de novembre 2022. Un volet de cette étude explore les craintes des consommateurs vis-à-vis du web. Sept Français sur dix estiment ainsi que les escroqueries en ligne sont de plus en plus fréquentes, soit +7 points. Assez logiquement, la proportion augmente avec l’âge. La même tendance est constatée chez les personnes déclarant en avoir été victimes en 2022. Les sondés se disent mal informés (41 %) sur les moyens de se prémunir et mal protégés (46 %). Les arnaques les plus redoutées sont le piratage des données bancaires, les tentatives de phishing, les virus, les appels à de faux dons, la vente de produits ou services inexistants, l’usurpation d’identité, les abonnements cachés et la vente de contrefaçons. Pour lutter contre ces agissements, 68 % jugent l’authentification forte (nécessitant au moins deux facteurs d’identification) efficace. La reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale perdent cinq points de confiance pour atteindre 56 %.

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Confiance en hausse

Malgré les appréhensions des consommateurs sur internet, la confiance globale à l’égard de ce média augmente de trois points, s’élevant à 46 %, un niveau inédit depuis 2015 ! Soulignons toutefois que 47 % des Français n’ont pas confiance en internet. La population est donc vraiment partagée. Les vecteurs de confiance sont les usages qui apportent des bénéfices évidents, l’e-commerce et l’e-administratif en premiers lieux. Souvent, la confiance est largement supérieure chez les utilisateurs des services, à l’image de la prévention en matière de santé : 25 % seulement ont confiance chez les non-utilisateurs, contre 72 % chez les habitués.

 

Données personnelles et moyens de paiement

Ce baromètre montre des consommateurs pragmatiques vis-à-vis du numérique. 76 % des sondés sont ouverts à la transmission de données personnelles pour simplifier des démarches administratives, 68 % pour améliorer le suivi médical, 66 % pour sécuriser une transaction, et 66 % pour éviter un déplacement ou l’envoi d’un courrier. La technologie doit ainsi se mettre à leur service. De même pour les nouveaux moyens de paiement : si le paiement sans contact a fait ses preuves pendant la pandémie, tout comme le paiement via des applications mobiles, les dispositifs par smartphone, QR codes et reconnaissance faciale n’inspirent pas confiance à une majorité de Français. Les leviers qui pourraient améliorer le niveau de crédit sont basés sur la réassurance ; la certitude d’être remboursé en cas de piratage arrive en tête, devant la certitude de pouvoir supprimer ses données. Dans une démarche similaire, l’identité numérique certifiée (France Connect, Sign in with Google, Log in with Facebook, etc.) séduit, mais essentiellement lorsqu’elle est organisée par des administrations (58 % de taux de confiance pour France Connect, +13 points).

 

Zoom sur les 15-24 ans

L’Acsel a souhaité observer la perception de l’e-commerce par les jeunes générations. Contre toute attente, les 15-24 ans délaissent les achats en ligne : 13 % utilisent le web au moins une fois par semaine pour un achat, en recul de dix points par rapport à 2021. Plus de la moitié n’a d’ailleurs pas confiance dans le commerce en ligne (contre 39 % tous âges confondus). Les jeunes se montrent aussi réalistes vis-à-vis des réseaux sociaux puisqu’ils sont 54 % à se méfier de la gestion de leurs données personnelles sur ces plateformes (contre 42 % en général). Ils sont cependant sensibles à la technologie avec 65 % de sondés à avoir confiance en l’intelligence artificielle, versus 54 % au global.

 

 

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