Le fonds Aurelius de retour dans la papeterie européenne

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L’industrie du papier graphique en Europe est loin d’être un long fleuve tranquille ces dernières semaines: les actualités se sont multipliées chez Sappi (avec Aurelius), Sylvamo et Arjowiggins.

Depuis plusieurs mois, les cessions d’unités de production de papier graphique se succèdent : après Stora Enso, c’est au tour du papetier sud-africain Sappi de se désengager du marché européen. Fin septembre, le groupe a annoncé un accord avec le fonds d’investissement Aurelius Lux One pour la reprise des ses usines de Maastricht aux Pays-Bas, Stockstadt en Allemagne et Kirkniemi en Finlande. Encore une fois, cette transaction répond à une stratégie sur le long terme visant à se séparer des activités graphiques pour se concentrer sur le secteur de l’emballage notamment. La valeur de ces trois sites de production est estimée à 272 millions d’euros (ils emploient 1 400 personnes). L’opération devrait se conclure au premier trimestre 2023. Aurelius est déjà connu dans le monde de la papeterie pour le rachat d’Office Depot et Viking en 2017. Aventure qui s’est finie par le démantèlement du groupe entre 2020 et 2021.

Autre cession annoncée le 6 octobre 2022, celle de l’unité de fabrication russe de Sylvamo à Pulp Invest Limited Liability Company (société créée pour la reprise par le management du site) pour 420 millions de dollars, soit 390 millions après frais de change. Le papetier avait mis cette usine en vente en mai dernier.

Par ailleurs, le papetier Arjowiggins, en difficulté depuis plusieurs années, connait de nouveaux déboires. Les activités britanniques du groupe, qui avaient été reprises par des membres de la direction il y a trois ans, ont été placées sous administration judiciaire en septembre, victime des crises successives (Covid-19, prix des matières premières, inflation, etc.). L’avenir de deux usines européennes historiques est en jeu : le site de Stoneywood-Aberdeen en Ecosse existe depuis 1770, et celui de Chartham en Angleterre fonctionne depuis 1738. 368 des 463 salariés ont déjà été licenciés, la centaine restante maintient le niveau d’activité minimal nécessaire à l’entretien des infrastructures.

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