Le Saviez-vous? Faites le tour du compas!

Avec le rapporteur et l’équerre, le compas rappelle les cours de géométrie à nombre d’entre nous. Depuis l’Antiquité, son usage ne se résume pourtant pas à l’école. Construction, navigation, dessin… il s’est invité partout où les maths se sont appliqués au quotidien.

Un objet mythologique ?
L’instrument de géométrie qu’est le compas accompagne l’homme depuis des millénaires. La mythologie grecque attribue la création de cet outil à Talos, neveu de Dédale (le bâtisseur du labyrinthe du Minotaure). Talos serait aussi le père de la scie et du tour de potier. Dans la réalité, difficile de connaitre le véritable créateur du compas. Une chose est sure, il est apparu dans l’Antiquité puisque le mathématicien Euclide en faisait déjà usage aux environs de 300 avant notre ère.

Un symbole
Pour les Occidentaux, le compas représente les sciences exactes et la rigueur mathématique, mais dans l’ésotérisme ou la Chine antique, le compas et l’équerre sont associés à la cosmologie, l’un évoquant le ciel, l’autre la Terre. Au Moyen-Âge, le compas est synonyme d’excellence pour de nombreuses corporations d’artisans. Il est d’ailleurs toujours utilisé dans le compagnonnage, accompagné des outils spécifiques à chaque métier. Aujourd’hui encore, le compas orne aussi la médaille des Meilleurs ouvriers de France, emblème du dynamisme constructeur et de la précision. Les loges franc-maçonnes jouent également avec l’esthétique du compas qui symbolise l’esprit (l’équerre est la matière).

Au-delà de l’école
Manipulé par les élèves dès l’école primaire, le compas ne sert pas qu’en cours de maths ! Permettant de tracer cercles et lignes, ou encore de reporter des mesures, le compas est typique de l’application des mathématiques à la vie quotidienne. Il en existe ainsi des dizaines de sortes pour des usages variés : dessin, construction, navigation, etc. Du compas ordinaire au compas à ressort, du compas de proportion au compas d’épaisseur, du compas à verge au compas de réduction et bien d’autres… Chacun se distingue par sa forme, des branches droites ou courbes, terminées par une pointe ou un crayon, à charnière, à vis ou à ressort, en métal, bois ou plastique, etc.

Une étymologie au pas !
Le terme « compas » apparait au XIIe siècle. Selon le Littré, le sens primitif du mot français est marche régulière. Il considère ainsi que compas vient de com et pas. Cette notion du pas est également soutenue par d’autres étymologistes qui pensent que le mot est issu du bas-latin compassare (marcher ensemble), mot lui-même issu de l’association de con (avec) et passus (pas).

LE MOT
Circinusophile
Le circinusophile est un collectionneur de compas. Il est nommé ainsi car le compas se disait circinus en latin (dérivé de circus, le cercle).

Article initialement paru dans Le Papetier de France n°843, Octobre-Novembre 2020.

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