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Intervenant au cours des X èmes Rencontres de l’AIPB, qui se sont déroulées hier à l’Ecole du Louvre, sur le thème : «Sortie de crise, rêve ou réalité ?», l’économiste Nicolas Bouzou note une reprise au cours des premiers mois de l’année, mais sur des niveaux d’activité qui restent très bas. «L’année 2010 sera un peu meilleure que prévue mais le retour à la croissance sera très lent. On prévoyait une progression de l’activité de 1% en 2010 pour la France. Elle sera plutôt de 1,2 à 1,5 %, soit une croissance très modérée et qui va le rester pendant les trois ou quatre années qui viennent», a-t-il indiqué. Grâce à la mise en oeuvre d’un plan de relance et de politiques budgétaires très stimulantes qui ont amorti les effets de la crise, la France a correctement résisté en 2009. Mais attention à la consommation en 2010, poursuit-il.
En effet, plusieurs facteurs se conjuguent qui risquent de détériorer la consommation : les prix qui comment de nouveau à augmenter; le pouvoir d’achat qui va stagner cette année car les salaires, assis sur l’activité en 2009, ne vont pas augmenter tandis que le taux de chômage reste élevé – de l’ordre de 10 % de la population active et jusqu’à 20 % chez les jeunes - et va peser sur le pouvoir d'achat;  enfin le retrait progressif des plans de relance gouvernementaux qui, en 2009, avaient permis de soutenir la consommation.
Même si la progression du taux de chômage a ralenti, en 2010, les entreprises vont continuer à détruire des emplois. Des entreprises qui pâtissent du manque de financements. Les encours de crédit aux entreprises sont en forte baisse, observe Nicolas Bouzou. «On peut même parler de rupture de l’offre de crédit en février/mars 2010», affirme-t-il.
Un point positif cependant dans ce tableau morose, la baisse de l’euro qui va donner un coup de fouet aux exportations européennes.
Interrogé sur les risques d’un retour à une période d’inflation, Nicolas Bouzou estime que les hausses de prix observées au cours des derniers mois sont surtout liées à des tensions sur le coût de l’énergie et aux effets de bulle sur les marchés de l’immobilier et des matières premières. Mais, compte tenu des surcapacités industrielles existant au niveau mondial qui pèsent sur les prix, il ne prévoit pas, dans les prochaines années, de tendance lourde à l’inflation dont le taux devrait revenir à quelques points annuels, soit le niveau précédant la crise.
 

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