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«Les problèmes économiques qui ont été mis sous le tapis pendant la campagne électorale vont ressurgir avec force après les élections», alerte l’économiste Nicolas Bouzou qui est intervenu hier dans le cadre de l’assemblée plénière de l’AIPB. Au premier rang de ces problèmes économiques, la dette. «Pendant la campagne, les seules mesures qui ont été annoncées sont d’ordre fiscal, or l’augmentation des impôts ne s’est jamais révélée une mesure efficace pour rembourser la dette. Le seul moyen efficace est de réduire la dépense publique», a-t-il expliqué.
Si la dette est en partie due à une mauvaise gestion des finances publiques, elle est surtout liée à un transfert de l’activité des pays riches vers les pays émergents dont la part dans le PIB mondial est passée de 10 à 40% en dix ans. Cette évolution du contexte économique s’est traduite par moins de recettes fiscales pour financer les dépenses publiques, d’où le déficit.
«Nous sommes dans une période de grandes mutations liées à l’innovation très forte dans le domaine de l’informatique, mais aussi de l’énergie, des biotechnologies, de la génétique,…», affirme-t-il. «Ce type de croissance génère de grands bouleversements qui profitent à certains mais dont d’autres pâtissent. Les grandes innovations ont souvent été mal vécues», rappelle-t-il, citant l’exemple de l’invention de l’imprimerie qui a été vécue comme une catastrophe par ses contemporains et plus près de nous la mutation de la photo analogique vers la photo numérique et ses conséquences sur une entreprise comme Kodak.
Pour les prochaines années, Nicolas Bouzou avance l’hypothèse d’un scenario en deux temps. «Dans les cinq à dix ans à venir, nous connaitrons une croissance économique très forte liée à l’innovation, mais cette croissance s’accompagnera de transferts d’activité qui feront des morts», prévoit-il. «Ceux qui survivront seront ceux qui auront su s’adapter avec une prime aux petites structures qui peuvent s’adapter plus vite que les grandes.» Mais avant cette période de croissance, la France risque de vivre une période de grandes difficultés liées au déficit des finances publiques et à la nécessité d’équilibrer la dette. «Dans le contexte actuel, toute nouvelle dépense publique ne peut qu’inquiéter nos créanciers avec le risque que le taux du crédit consenti à la France augmente et qu’il accroisse la charge de la dette», avertit-il.

 

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