Quelles villes moyennes ont été les plus dynamiques pendant la crise ?

©Facebook – Ville de Chambéry

L’association Villes de France, qui réunit des élus de villes moyennes, s’est associée à Mytraffic, spécialiste de l’analyse du flux piéton, pour établir le palmarès des centres-villes les plus dynamiques dans l’Hexagone pendant la crise de 2020. « Ce classement recense les 30 villes moyennes avec la plus forte fréquentation depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020 (moins de 100 000 habitants, hors zones métropolitaines, villes touristiques et d’outre-mer) », explique le communiqué. Le logiciel de Mytraffic a utilisé les données de géolocalisation des applications mobiles (avec l’accord des utilisateurs) pour comptabiliser les passages dans plus de 180 zones de centres-villes de villes moyennes entre mars 2020 et janvier 2021, puis les a comparées aux chiffres d’avant-crise. Le podium est ainsi occupé par Villefranche-sur-Saône dans le Rhône, suivie par Chambéry en Savoie et Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.

« Les villes distinguées se démarquent par leur résistance face à la crise sanitaire. Elles ont affiché entre mars 2020 et janvier 2021 un flux moyen équivalent à 76 % de leur niveau pré-Covid (mesuré en janvier-février 2020), malgré deux confinements, un couvre-feu et des fermetures de restaurants et sites culturels. Cette résilience s’explique par des effets rebond observés à l’été 2020, avec des taux de fréquentation de retour à leur niveau d’avant-crise et par l’apport numérique des habitants de métropole ayant choisi de se confiner et/ou se déconfiner dans des territoires considérés comme plus hospitaliers. » L’étude observe également une corrélation entre le niveau de trafic piéton et d’autres indicateurs du dynamisme de ces centres-villes, comme la vacance commerciale et la croissance démographique.

Les 5 facteurs-clés pour un centre-ville dynamique
Les maires des trente villes distinguées par ce palmarès ont été interrogés sur les raisons du succès de leurs centres-villes. Cinq facteurs-clés ont été identifiés :
– La reconcentration des activités commerciales en attirant des commerces locomotives en centre-ville.
– L’équilibre entre accessibilité et pacification du centre-ville, c’est-à-dire un accès facile au centre-ville, avec un stationnement aisé, tout en développant des zones privilégiées pour les piétons.
– La rénovation du patrimoine historique, qui accroit le flux touristique, créant un effet d’entrainement pour les quartiers.
– Un management volontariste: la quasi-totalité des villes du top 30 ont nommé un manager de centre-ville (ou poste équivalent) et affecté des ressources humaines dédiées au coeur de ville. Elles sont le plus souvent accompagnées par le programme national « Action Coeur de Ville » porté par l’ANCT (Agence nationale pour la cohésion des territoires).
– Un tissu de commerçants proactifs: les élus saluent le travail des associations de commerçants pour animer leurs centres-villes et créer du flux.

Ce palmarès illustre la montée en puissance des villes moyennes, et le programme Action Coeur de Ville y est pour quelque chose, en ciblant le logement, le commerce et le transport de proximité. […] Les décideurs publics ont désormais pris conscience que l’avenir des coeurs de ville réside dans leur capacité à remplir plusieurs missions : on y consomme, on y habite, on s’y promène, on s’y cultive, on y étudie, on accède aux services publics. Avec ces atouts, les villes moyennes recommencent à faire rêver. »
Caroline Cayeux, présidente de Villes de France et maire de Beauvais.

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