Office Depot France : règlement de comptes entre syndicats

Magasin Office Depot City avenue de la Grande Armée à Paris. ©Pyc Media

Quelques jours avant l’audience à la cour d’appel de Douai, qui doit se dérouler le 8 juillet 2021, les différents syndicats d’Office Depot France règlent leurs comptes. D’un côté, l’Unsa et la CFE-CGC, incarnés par Sébastien Fournier (secrétaire du CSEC de l’enseigne) et Philippe Fernandes, qui étaient en faveur de l’offre d’Adexgroup (en partenariat avec Adveo et Sandton Capital) et sont à l’origine de cet appel. De l’autre, la CFTC, notamment représentée par Patricia Vangrevelynghe, qui soutient le jugement du tribunal de commerce de Lille-Tourcoing du 3 juin, désignant Alkor Group comme repreneur. Depuis un mois, le groupement coopératif Alkor a mis en place les dispositifs permettant à ses adhérents de reprendre 50 magasins Office Depot France et environ 500 emplois. Une bourse à l’emploi avait aussi été ouverte. Pour leur part, l’Unsa et la CFE-CGC ont poursuivi leur mobilisation (relire notre article). Mi-juin, ils annonçaient ainsi que le CSEC avait fait appel auprès de la justice.

La terre brûlée ?
Quelques semaines plus tard, le 2 juillet, les deux syndicats Unsa et CFE-CGC relancent leur offensive anti-Alkor avec un article paru chez nos confrères du Parisien, repris par Capital et Marianne entre autres. Dans cette parution, ils dénoncent la casse sociale (près de 1000 salariés qui ont reçu leurs lettres de licenciement la semaine dernière), accusent le comportement du fonds d’investissement Aurelius, et expriment leur incompréhension face à la décision de la justice, considérant l’offre d’Alkor comme moins solide. « Il y a des anomalies dans le choix fait par le tribunal de commerce de Lille. Nous allons le démontrer », indiquait l’avocate du CSEC Céline Pares aux journalistes du Parisien.
Deux jours plus tard, la CFTC-CSV répliquait en renouvelant son soutien à Alkor Group, et regrettant « la politique de la terre brûlée menée par l’Unsa ». Dans son communiqué, le syndicat affirme que certaines informations n’ont volontairement pas été remises au repreneur et que des stocks ont été bloqués par les syndicats, vidant les magasins de leur marchandise et provoquant « l’anxiété chez les salariés ». Dénonçant des manipulations, le document cite l’avis du Comité d’entreprise du 24 mai qui s’inquiétait d’être de nouveau confié à un fonds d’investissement, tout en semblant modéré envers les deux offres : « Les deux offres se ressemblent dans leur périmètre, leur solidité financière et leur capacité à créer un modèle viable pour les salariés repris. »
Quel parti la justice prendra-t-elle ? La cour d’appel de Douai confirmera-t-elle la reprise par Alkor ou relancera-t-elle le processus judiciaire ? Adexgroup est convoqué à Douai le 8 juillet.

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