Déconfinement et reprise d’activité : témoignage de Philippe Gérard, Bureau Vallée à Bordeaux

Pendant le confinement, le magasin Bureau Vallée Bordeaux-Bègles est resté ouvert en mode drive.

Philippe Gérard est franchisé Bureau Vallée à Bordeaux. Avec un superstore et un city-store, il a vécu le confinement aux premières loges. Il nous explique comment il a maintenu son activité pendant ces six semaines, et comment il a réaménagé ses points de vente pour de nouveau accueillir du public.

Philippe Gérard, Bureau Vallée à Bordeaux.

Au début du confinement, vous êtes-vous posé la question de fermer ou rester ouvert ?
Évidemment, nous avons d’ailleurs fermé totalement une journée et demie, en attendant que paraisse le décret autorisant notre catégorie d’activité à ouvrir. Nous avons ensuite organisé une réouverture partielle avec pour priorités la sécurité de nos salariés et celle de notre clientèle. Même si nous sommes dans une région plutôt préservée de l’épidémie Covid-19, nous avions encore beaucoup d’interrogations tout en ayant la volonté de rouvrir dès que possible.

Vous avez alors mis en place un système de drive…
Le click & collect a toujours existé chez Bureau Vallée, notamment pour les listes scolaires en période de rentrée, mais il a pris une ampleur significative pendant ces semaines. Très vite, nous avons donc orienté les clients, que ce soit via les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook) ou par un affichage à l’entrée du magasin, vers des commandes web à retirer en drive.

La demande a-t-elle évolué en termes de produits ?
L’activité s’est essentiellement concentrée au début sur de la vente de cartouches d’encre et d’imprimantes pour la mise en place du télétravail. La GSA a été rapidement en pénurie sur ces produits car les stocks étaient peu importants, nous avons ainsi récupéré un certain nombre de clients nouveaux, des particuliers essentiellement. Quant à nos clients TPE-PME, ceux qui étaient en activité ont continué de nous commander. A l’inverse, d’autres familles de produits se sont taris comme le classement, les cartons d’emballage et enveloppes, etc. En revanche, avec le télétravail, les consommables d’impression et le papier se sont bien vendus, ainsi que les cahiers, les instruments d’écriture et la peinture pour les devoirs  et occupations des enfants.

Pouvez-vous estimer votre perte d’activité pendant ce confinement ?
Sur le mois de mars, sachant que le confinement est intervenu à la moitié du mois, nous avons enregistré -60% d’activité sur la deuxième quinzaine, ce qui ramène mars à -30%. Avril est sur une base de -50% malgré le drive. Pour le mois de mai, nous rouvrons : même si toutes les enseignes ne rouvriront pas dans notre zone commerciale, je compte faire -30%. J’espère que la régression ralentira ensuite mais je pense que ça durera jusqu’à la rentrée.

Comment organisez-vous le déconfinement de vos magasins, notamment l’accueil des clients ?
Nous avons échangé avec nos confrères Bureau Vallée pour définir les bonnes pratiques à adopter. J’ai la chance d’avoir un magasin qui a deux grandes entrées, l’une jusque-là réservée à l’accueil des clients drive et l’autre devenue comptoir pour l’encaissement des clients de passage avec un collaborateur qui va chercher les produits en rayon. A partir de cette semaine, nous rouvrons les deux portes avec un magasin totalement balisé : parcours de circulation fléché, bandes au sol pour la distanciation obligatoire d’1,5 mètre entre chaque client, zones d’accès interdites comme le showroom mobilier de bureau et la zone reprographie (nous ferons les travaux à la demande). Nous limitons aussi l’accès au magasin à une demi-douzaine de clients pour garantir la distanciation. Nous mettons à disposition des clients du gel hydroalcoolique avec obligation d’usage à l’entrée et les paiements se feront exclusivement par carte bancaire. 100% du personnel est équipé en permanence de gants, visières et masques. Nous avons également installé des vitres de protection sur toutes les caisses et notre comptoir informatique avec des hygiaphones.

Le rayon Hygiène, déjà présent en magasin, a été développé.

Comment l’enseigne Bureau Vallée vous a-t-elle accompagné ?
Bureau Vallée a été très présente. Notre modèle de franchise fait que nous restons des commerçants indépendants mais dans ce type de situations, la centrale joue un vrai rôle d’éclaireuse et de conseillère. Entre autres, les redevances de notre franchise ont été décalées. Bureau Vallée a aussi travaillé auprès des fournisseurs pour négocier certaines échéances. Nous avons suspendu notre plan de publicité. L’enseigne a également assuré tout l’accompagnement légal et réglementaire. Puis la centrale a mis à notre disposition des sourcings spéciaux pour les gels hydroalcooliques, les gants, les masques, que ce soit pour nos propres équipes ou pour nos clients. Nous avons par exemple reçu un book de solutions de protection pour le personnel et les clients, et un autre sur les bonnes pratiques pour la réouverture. Nous avons ainsi accès à une boite à outils que chacun utilise en fonction de ses besoins.

Dans ces conditions économiques, la prochaine rentrée scolaire revêt une importance toute particulière. Comment l’envisagez-vous ?
Cette année, la rentrée des classes sera capitale. Nos achats sont bouclés depuis cet hiver pour la maroquinerie scolaire et les agendas, depuis mars pour la papeterie, l’écriture et les colles et adhésifs. Nous sommes partis sur des commandes iso, c’est-à-dire équivalentes à l’année dernière, qui avait été une très bonne rentrée des classes chez Bureau Vallée. Nous restons donc confiants et nous allons essayer de faire au moins comme l’an dernier malgré la crise sanitaire. L’inconnue est de savoir si le chiffre se concentrera sur quelques jours avant et après la rentrée, ou si il sera enregistré dès les mois de juillet car les clients partiront peut-être moins en vacances ou moins longtemps ? Ce qui est sûr, c’est que la rentrée étant un poids lourd dans notre activité, nous serons prêts mi-juin comme d’habitude.

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