Maintien de l’activité et relations fournisseurs, entretien avec Nicolas Potier, PDG de Bruneau


Nicolas Potier, président directeur général de Bruneau, revient sur les réaménagements effectués au sein de l’entreprise pour respecter la nouvelle donne sanitaire. Il évoque aussi l’évolution de la demande et la nécessité de poursuivre le crédit inter-entreprises pour la pérennité de la filière.

Depuis la mise en confinement le 16 mars, vous avez poursuivi votre activité. Comment avez-vous réorganisé l’entreprise pour assurer la sécurité sanitaire de vos collaborateurs ?
Effectivement nous avons pu continuer à travailler, préparer et livrer les commandes que nous passent nos clients. Le service s’est maintenu à un bon niveau, bien qu’un peu plus difficile dans certaines régions comme le Grand Est, très touchées par l’épidémie. Globalement, en Ile-de-France, les livraisons sont assurées en 24 heures. Le délai peut monter jusqu’à 72 heures en Province. Pour garantir la sécurité de nos collaborateurs terrain (réception, préparation de commande et livraison), nous avons organisé les postes de travail de manière à respecter les règles sanitaires et de distanciation et nous avons donné des consignes spécifiques à nos livreurs pour éviter les risques tout en assurant un très bon service.

Et pour vos salariés présents dans les bureaux ?
En quelques jours, nous avons créé les conditions pour que tous ceux qui pouvaient faire du télétravail le fassent, ce qui représente la quasi-totalité des collaborateurs Bruneau dans les bureaux. Nous avions démarré le télétravail depuis déjà quelque temps, mais ce n’était évidemment pas dans ces proportions. Il n’empêche que compte tenu de la baisse d’activité, nous avons été obligés de placer une partie de nos collaborateurs en chômage partiel. Selon les spécificités propres à chaque service, nous avons mis en place des roulements d’équipes et pris des dispositions particulières.

Pouvez-vous estimer la baisse d’activité pendant le confinement ?
Nos clients sont naturellement moins présents dans leurs entreprises, et même si nous les livrons en télétravail, la demande a beaucoup baissé, de moitié environ depuis le début du confinement

Comment avez-vous adapté votre offre ?
Sur la partie produits, la demande a été extrêmement forte sur les produits d’hygiène et d’entretien bien sûr. Et qui dit télétravail, dit par exemple hausse des consommables d’impression. Nous avons mis en place des boutiques « Spécial Télétravail » pour permettre à nos clients de trouver plus facilement les produits adaptés à cette situation inédite pour beaucoup d’entre eux. L’offre Équipement souffre plus : lorsque les clients ne sont pas sur leur lieu de travail, la demande est moindre. Le mix a donc évolué mais nous continuons de livrer nos clients, que ce soit sur site ou chez leurs collaborateurs en télétravail.

Avez-vous fait face à des ruptures de stock sur certaines familles de produits ?
Les seuls points tendus ont logiquement été les produits d’hygiène et d’entretien car certains fournisseurs ont eu du mal à suivre une demande hors normes. Il y a aussi eu quelques tensions sur les consommables d’impression, dues à des difficultés de fonctionnement sur les unités de production en Asie. Mais nos acheteurs travaillent d’arrache-pied pour assurer notre continuité de service.

Justement quelle est votre politique vis-à-vis de vos fournisseurs ?
Chez Bruneau, grâce à nos performances passées, nous avons la chance d’avoir une situation financière très solide, avec une bonne trésorerie. Nous pouvons donc payer nos fournisseurs de manière régulière, et en temps et en heure. J’insiste sur le fait que le crédit inter-entreprises est clé pour préparer la filière à l’après-confinement. Même si le rythme de nos encaissements ralentit depuis quelques semaines car nos clients sont des petites et moyennes entreprises qui peuvent avoir des difficultés, nous mettons un point d’honneur à respecter les contrats passés avec nos fournisseurs pour qu’ils aient eux-mêmes la trésorerie qui leur permette de redémarrer après. Nous comptons plus que jamais sur le partenariat établi avec nos fournisseurs depuis de longues années pour rebondir après cette crise.

Article en lien