Confinement et post-Covid : Rencontre avec Stéphane Couchot, Riviera Office et président d’Alkor

Pendant le confinement, Stéphane Couchot a continué de livrer ses clients encore en activité.

Stéphane Couchot, directeur général de Riviera Office et président de la coopérative Alkor, raconte comment son entreprise et son groupement se sont adaptés pendant la crise sanitaire, et comment ils préparent l’activité post-covid.

A la tête de l’entreprise Riviera Office, comment avez-vous vécu la mise en confinement du territoire le 16 mars 2020 ?
Le chiffre d’affaires s’est arrêté du jour au lendemain ! Nous avons décidé de ne pas fermer et de continuer à livrer nos clients. Nous avons quand même dû avoir recours au chômage partiel pour une partie de nos salariés, mais il était primordial d’assurer la continuité de l’activité car parmi nos clients se trouvent des hôpitaux, des services de l’armée, des pharmacies, des experts comptables, etc. Si la majorité des entreprises étaient fermées ou au ralenti, ces secteurs tournaient à plein régime. Nous ne pouvions pas être défaillants par rapport à eux.

Vous avez d’ailleurs adapté votre offre à la situation ?
Sur trois mois, nous avons perdu environ 15% de chiffre d’affaires. Nous avons réussi à contenir la perte grâce à la flexibilité de notre structure (une vingtaine de personnes). De suite nous avons pu nous réinventer en proposant des produits dits « Covid » qui ont compensé la baisse des produits papetiers purs. Avec Alkor, nous avons la possibilité d’avoir des accords avec des fabricants qui nous ont permis de nous approvisionner en direct pour le gel hydroalcoolique, les lingettes, etc. Puis nous avons fait travailler des entreprises locales pour les parois en plexiglas, les distributeurs de gel à pédale, etc. Pour les masques, ça a été un peu plus compliqué avec l’import ; et pour les masques en tissus réutilisables et lavables, nous avons sollicité au maximum des fournisseurs français.

Comment a évolué la demande en avril et mai ?
En avril, nous avons poursuivi la mise en place de ces produits, à les sourcer, les stocker, les distribuer, ce qui nous a permis d’avoir les volumes nécessaires aux besoins des clients en déconfinement. Nous avons ainsi observé une grosse accélération de la demande sur la première semaine de mai quand tout le monde a préparé la sortie du confinement.

Et aujourd’hui ?
En dernière phase de déconfinement, les produits Covid ont sensiblement baissé, les entreprises sont maintenant équipées. Chez Riviera Office, c’est désormais le scolaire qui prend le relai. Nous enregistrons un vrai démarrage depuis le début du mois de juin. Les écoles ont joué le jeu en anticipant leurs commandes. Le grand rendez-vous du scolaire a donc bien commencé, d’autant plus que certains établissements souhaitent revenir à des fournisseurs de proximité. Notre force est de connaitre notre marché local, tout en ayant une structure nationale avec Alkor.

Quels seront les enjeux pour Riviera Office dans les mois à venir ?
Chez Riviera Office, nous restons confiants pour l’avenir. Effectivement, une fois le mouvement Covid et la rentrée scolaire passés, il va falloir se poser des questions. Est-ce que notre métier premier de papetier va s’effondrer ? Je pense que oui, il ne faut pas se leurrer. Nous savons tous qu’il y aura un ralentissement de nos missions historiques. Cela établi, à chaque entrepreneur indépendant de se réinventer et de trouver les outils qui vont intéresser nos clients demain. Selon moi, une offre hygiène est indispensable. Un autre sujet sera les partenariats avec les acteurs du mobilier pour concevoir des installations spécifiques au travail à domicile. Je suis convaincu qu’il faudra vendre autre chose, ne pas se limiter à notre métier traditionnel.

Vous êtes également président de la coopérative Alkor. Comment s’est-elle organisée pendant la crise ?
Alkor avait anticipé dès le début du mois de mars les risques liés à la pandémie par le biais de notre management QSE. Sous l’impulsion de notre directeur général Laurent Proy et de ses équipes, en accord avec les représentants du personnel, nous avions déjà mis en place un plan de continuité de l’activité à destination des services administratifs et logistiques pour assurer un service minimum en toute sécurité. Alkor a donc pu rester ouvert et s’adapter à la charge de travail et aux attentes des adhérents : le télétravail a été mis en place comme dans beaucoup d’entreprises, sauf pour la logistique bien sûr. Une permanence présentielle était assurée dans chaque service, avec un aménagement particulier et des équipements de protection pour respecter les gestes barrières. Nous avons ainsi réussi à maintenir le fonctionnement de la plateforme à 50% pendant le confinement. Dès avril, nous avons vu la situation s’améliorer, et une deuxième équipe logistique a pu revenir grâce aux commandes scolaires. Aujourd’hui, nous sommes en pleine charge avec trois équipes en continu du lundi matin au samedi midi.

Et au niveau du réseau Majuscule, Burolike et iOBuro ?
Une majorité de nos adhérents sont restés ouverts avec des magasins en drive, des plages horaires un peu plus courtes, etc. Sauf dans les régions les plus touchées évidemment, où certains adhérents, devant le peu de fréquentation, ont été contraints de fermer provisoirement, dans l’Est par exemple. Mais dans l’ensemble, nos adhérents ont continué à servir leurs clients B to B, ainsi que tous nos marchés nationaux et les services prioritaires, hôpitaux, armée, etc.

Les marchés publics semblent être une réelle opportunité pour garantir un revenu à vos entreprises…
Complètement. C’est dans ce genre de situations que nous nous rendons compte de l’importance de la commande publique. Elle fait vivre énormément de PME et de TPE ; il est essentiel que les régions n’oublient pas, lorsqu’elles font leurs appels d’offre, que c’est bien de faire travailler les entreprises locales ! Chez Riviera Office, cela représente près de 20% de notre chiffre d’affaires. Nous allons continuer à aller vers ces contrats pour stabiliser notre chiffre certes, mais surtout pour sécuriser nos paiements. Aujourd’hui, l’État paye à l’heure, ce qui est intéressant en termes de trésorerie car si nos factures sont réglées, celles de nos fournisseurs le sont également. Le directeur général d’Alkor Laurent Proy s’est d’ailleurs engagé à honorer 100% de nos échéances fournisseurs sans report ni retard. C’est un gage de confiance pour nos partenaires avec qui nous privilégions toujours des relations basées sur la transparence. Cela a aussi été possible parce que nos adhérents ont pu payer la centrale. C’est la richesse de notre coopérative, il y a une forme de solidarité entre distributeurs entrepreneurs.

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