Le Saviez-vous? Les secrets du blanchiment du papier

En France, les utilisateurs ont toujours apprécié d’utiliser du papier blanc optique. Pour répondre à leurs exigences, les industriels papetiers mettent en œuvre différentes techniques de blanchiment de la pâte, plus ou moins vertueuses.

Les types de pâtes
Pour fabriquer du papier, des fibres de bois et de papiers et/ou cartons récupérés sont séparées puis triturées pour former une pâte transformable en papier. La pâte mécanique, pour laquelle le bois est râpé pour séparer les fibres, est destinée à la fabrication du papier journal. La pâte chimique, pour laquelle le bois est cuit à haute température en présence de produits chimiques, est davantage utilisée pour les papiers plus résistants comme le papier bureautique. Enfin la pâte recyclée est à base de papiers et cartons collectés dont un pulpeur extrait les fibres en les brassant dans l’eau. Une fois nettoyée et traitée, cette pâte est retransformée en papier.

Chasser la lignine
La lignine est une molécule composant le bois avec la cellulose et l’hémicellulose. Elle est notamment responsable de la rigidité des arbres et d’une certaine imperméabilité à l’eau. Si la lignine est exploitée dans certaines industries, elle est responsable du jaunissement du papier après exposition au soleil. L’industrie papetière doit donc utiliser des produits chlorés et organochlorés pour extraire la molécule de la pâte à papier et obtenir un produit fini blanc.

Les méthodes de blanchiment
Malgré les efforts fournis par les producteurs ces dernières décennies, le blanchiment reste l’étape la plus polluante dans l’élaboration du papier. En cause : les agents blanchisseurs. Le chlore élémentaire, très toxique, est interdit au sein de l’Union européenne. En 2005, il n’était utilisé que par 10,5% des papetiers dans le monde contre 94,5% en 1990. Le dioxyde de chlore (ECF pour elemental chlorine free) est le procédé le plus répandu puisqu’il est en usage pour 84% des pâtes chimiques selon le Centre d’activités régionales pour la consommation et la production durables (CPRAC). Les résidus polluants de cette chimie sont considérés trop faibles pour être dangereux. La technologie sans chlore (label TCF – totally chlorine free pour les fibres vierges, ou PCF – processed chlorine free recycled pour les fibres recyclées) fait appel à l’eau oxygénée et à l’hydrosulfite de sodium, composé chimique non toxique. Elle ne serait en usage que chez 5,5% des papetiers.

Recyclage et désencrage
Rendre du papier recyclé blanc est plus compliqué qu’il n’y parait. En effet, la plupart du matériel collecté et recyclable est du papier imprimé. Il faut d’abord l’épurer (ôter vernis, colles, agrafes, etc.) et surtout le désencrer avant de le mêler à des fibres vierges pour obtenir le papier recyclé. « Le désencrage consiste à décrocher l’encre hydrophobe des fibres lors de la désintégration du papier recyclé en présence d’eau et de soude, et à éliminer ensuite cette encre par flottation ou lavage. La flottation nécessite l’utilisation de savon et de bulles d’air pour entraîner l’encre vers la surface afin de la collecter », précise l’encyclopédie Universalis. Restent des boues de désencrage qui sont parfois valorisées au niveau local comme engrais agricole.

La date
105 apr. J.-C.

Le papier est inventé en Chine en 105 après Jésus Christ. C’est Tsaï-Lun, ministre de l’agriculture de l’époque, qui réussit à fabriquer une pâte à partir d’écorces et de chiffons réduits en bouillie. Tamisée et séchée, cette pâte donne une feuille.

Sources : Copacel, CPRAC, Universalis
Article initialement paru dans Le Papetier de France n°837 – Octobre/Novembre 2019

 

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