La papeterie Arjowiggins de Bessé-sur-Braye enfin reprise

A Bessé-sur-Braye dans la Sarthe, un an et demi après la liquidation judiciaire de la papeterie Arjowiggins, on a peine à croire la nouvelle. L’unité de production de papier qui employait 600 personnes doit être reprise par la société canadienne Paper Mill Industries. C’est ce qu’a décidé le Tribunal de commerce de Nanterre le 19 juin 2020. La cession prévoit la réindustrialisation du site et l’emploi de 240 personnes d’ici 2025 (les ex-Arjo seront prioritaires). La papeterie travaillera l’activité bois, le recyclage de fibres textiles, la production de papier durable, d’art et de sécurité. Paper Mill Industries (PMI)est une filiale du groupe canadien Dottori, spécialiste de l’industrie du bois, des produits forestiers et du papier.

Nous proposons de réindustrialiser l’ancien site papetier de Bessé-sur-Braye afin de redynamiser l’économie en région et d’apporter de nouvelles sources d’attractivité au territoire, à l’aide de projets industriels basés sur les principes fondamentaux du développement durable et à partir d’outils industriels existants. Nous utiliserons des ressources locales, formerons les actifs du territoire, et redistribuerons les résultats sur le bassin d’emploi régional, tout en nous inscrivant dans une démarche d’économie circulaire minimisant les impacts écologiques »
Pierre Petit, Président de PMI, dans le communiqué des mandataires (Source : AFP).

Pour rappel, en octobre 2019, Arjowiggins Creative Papers était reprise en MBO par des directeurs d’arjowiggins en collaboration avec Scottish Enterprise, l’agence nationale de développement économique de l’Écosse. Cette opération a permis de sauvegarder quatre usines et plus de 800 emplois dans le monde dans le cadre de la fabrication de papiers de création, calques, documents de sécurité, etc. Les sites de production concernés étaient Stoneywood en Écosse (ouvert en 1770), Chartham au Royaume-Uni (né en 1738), Guarro Casas en Espagne (créé en 1698) et Suzhou en Chine. En France, la situation était sinistrée. Malgré plusieurs projets de reprise l’usine de Bessé-sur-Braye, le tribunal de commerce de Nanterre avait placé l’entreprise en liquidation judiciaire le vendredi 29 mars 2019. Les deux autres unités de production, les usines du Bourray à Saint-Mars-la-Brière (270 salariés) et Greenfield à Château-Thierry (75 salariés) ont fait l’objet de reprises partielles, notamment par l’entreprise sarthoise CGMP, spécialisée dans les articles en papier pour les arts de la table. 800 emplois ont alors été supprimés, dont près de 600 à Bessé-sur-Bray.

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