Bilan Copacel 2019 : la production de papier graphique recule de 22,6%

Le 3 juin 2020, l’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses Copacel a dévoilé les chiffres de la filière industrielle papier pour 2019 et les perspectives 2020.

La papeterie française en 2019
L’an dernier, l’industrie des papiers et cartons a réuni 74 entreprises et 10 949 salariés. 8,5 millions de tonnes de papiers et cartons ont été consommés sur le territoire, soit -3%. La production, elle, recule de 7% avec 7,3 millions de tonnes produites dans l’Hexagone. Une baisse justifiée par la réduction des capacités de production. 5,2 millions de tonnes de papiers et cartons ont été recyclés par l’industrie papetière (sur 6,7 millions de tonnes collectées), élevant le taux de recyclage français à 79,2%. Le chiffre d’affaires du secteur atteint ainsi 5,4 milliards d’euros, en repli de 12,8%, en raison notamment de la diminution du prix de vente de la plupart des familles. En termes de production, la France occupe la cinquième place européenne derrière l’Allemagne, la Finlande, la Suède et l’Italie.

Focus sur les papiers graphiques et bureautiques
La production des papiers graphiques recule de 22,6% avec 1,633 millions de tonnes (l’hygiène baisse de 3,4% et l’emballage de 0,6%). Là encore, l’arrêt d’unités de production est mis en cause. Les usages graphiques ne représentent plus que 22,3% du marché. Le papier bureautique (non couché sans bois) est moins touché que les années précédentes. Copacel explique que la dématérialisation des documents est moins marquée même si elle reste un mouvement de fond. Cependant, « d’autres tendances concourent à un maintien de la consommation des papiers bureautiques, comme par exemple l’amélioration de la qualité des aplats de couleur que permettent les différentes technologies (jets d’encre en particulier). A ceci s’ajoute la poursuite du développement du télétravail, qui semble s’accompagner d’un transfert de consommation de l’entreprise vers le domicile », précise l’organisme. La hausse des prix, due à la hausse du coût de la pâte à papier, aurait également entrainé une optimisation des budgets print chez les utilisateurs.

Perspectives 2020
Naturellement, les perspectives pour 2020 sont fortement influencées par la crise Covid-19. Si l’industrie papetière a maintenu une activité constante pour répondre aux besoins de produits d’hygiène et d’emballage notamment, la crise économique impactera fortement le secteur. La situation est aussi très contrastée : « surchauffe des papiers d’hygiène en avril, mais recul brutal de la consommation des papiers graphiques dès ce mois. » La production aurait reculé de 10% pendant la crise sanitaire. Dès juin, Copacel prévoit une dégradation du marché avec un déséquilibre entre offre excédentaire et demande contractée, et une hausse de certains coûts. Pour la famille des papiers graphiques, la crise économique et les changements de mode de consommation annoncent des mois difficiles avec des plans de réduction des capacités graphiques pour se reporter sur l’emballage.

Le plan de relance de Copacel

Pour Copacel, le taux d’activité de 90% de la filière papier pendant la crise sanitaire montre bien le caractère essentiel de cette industrie. Malgré une production maintenue, l’Union craint une déflation avec une demande très réduite dans les prochains mois. Un phénomène qui freinera les projets de transition écologique de la filière : « Des retards dans ce type de projet seraient d’autant plus préjudiciables que cette industrie dispose de nombreux atouts pour accélérer l’émergence d’une société décarbonée, utilisatrice de ressources renouvelables, et reposant sur les principes de l’économie circulaire. » Copacel a ainsi rendu public un ensemble de propositions destinées à être reprises dans le plan de relance de l’économie qui sera dévoilé en septembre par le Gouvernement. Ces propositions visent à favoriser la transition écologique (soutien à la production de chaleur décarbonée ; soutien aux secteurs intensifs en énergie, qui améliorent l’empreinte carbone de la France ; encouragement à la valorisation économique de la forêt française…), et à soutenir la compétitivité des entreprises (baisse de la fiscalité de production ; simplification administrative ; soutien à l’apprentissage…).

Nous espérons que nos propositions, qui contribuent à la transition écologique et à la compétitivité de notre industrie, emblématique de l’économie circulaire, seront entendues par les pouvoirs publics. Dans le cas contraire, la crise actuelle risque d’avoir un effet dramatique sur une industrie très ancrée dans les territoires et qui, en comparaison de ce que l’on constate chez nos voisins, s’est fortement contractée depuis 20 ans, favorisant ainsi des importations de produits à plus forte empreinte carbone. »
Philippe d’Adhémar, président de Copacel

Article en lien