Production de papiers graphiques : la baisse se poursuit en 2018

Image: The Navigator Company

Comme chaque année, la Copacel (Union française des industries des cartons, papiers et celluloses) publie les résultats de la filière papetière française. Si la production progresse en valeur, la situation reste contrastée selon les marchés, notamment le papier graphique.

75 entreprises, 85 usines, 12 000 salariés, 6 ,2 milliards de chiffre d’affaires… L’industrie papetière reste active en France avec une baisse de la production de 2% en volume mais une croissance de 4,5% en valeur. Des chiffres qui s’expliquent par l’augmentation des coûts des matières premières et de l’énergie en 2017 et 2018, et donc de la hausse des prix des papiers. Pour Paul-Antoine Lacour, délégué général de Copacel, « le recul de la production traduit le recul de la consommation de papier dans les pays développés ».

Des perspectives différentes selon les marchés
Depuis une quinzaine d’années maintenant, les mouvements s’inversent entre les catégories du secteur. Le marché du papier graphique a été presque divisé par deux (de 44,4% de la production en 2003 à 26,8% en 2018) tandis que l’emballage et le conditionnement croissent régulièrement (de 44,9% à 56,7%). L’hygiène se maintient bien également avec 10,8% de la production globale en 2018. La France est ainsi le cinquième producteur européen derrière l’Allemagne, la Finlande, la Suède et l’Italie. La filière est largement expéditrice, essentiellement au sein de l’Union européen.

Restructuration des papiers graphiques
Philippe d’Adhemar, dirigeant d’International Paper, élu président de Copacel quelques heures après la révélation des chiffres 2018, a dressé le bilan du marché européen des papiers graphiques (publicité, livre, bureautique et presse) en 2018. Avec 25 395 kilotonnes produites, la production décline de 6,9%. Les papiers couchés sans bois (beaux livres, communication haut de gamme, etc.) enregistrent -8,4%, les papiers non couchés sans bois (papier bureautique) -4% et les autres papiers à usages graphiques (presse, imprimés publicitaires, etc.) -7,6%. Les ventes de ramettes bureautiques sont marquées par un ralentissement dans l’administration, qui serait compensé par la consommation domestique.

En France, la production de papiers graphiques régresse de 5,1% avec 2 223 kilotonnes produites. Le papier à usage bureautique baisse de 6,1% avec 652 kilotonnes émises, quand les supports pour la presse et la publicité sont à +0,9%. Les papiers haut de gamme chutent de 12,3%. Sur l’ensemble de ces catégories, la hausse des prix a été de l’ordre de 11% en moyenne en 2018.

Finalement, la baisse de la consommation de papiers graphiques, en partie due à l’essor du digital, pousse la filière à se restructurer. Les unités de production ferment ou se convertissent pour aller vers l’emballage et le conditionnement. Les industriels constatent que les usages se modifient mais admettent que la visibilité est encore faible sur les nouveaux comportements des utilisateurs.

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