La papier brûle chez Arjowiggins à Jouy-sur-Morin

Depuis l’annonce de la mise en liquidation de l’usine Arjowiggins de Jouy-sur-Morin en Seine-et-Marne (fermeture prévu le 30 janvier 2019), les 240 salariés du site n’entendent pas perdre leur emploi sans se faire entendre. Après avoir occupé le lieu jour et nuit, depuis plusieurs jours, ils menaçaient de brûler le stock de l’unité de production de papier sécurisé pour les cartes grises. Depuis jeudi 24 janvier, devant le silence de la direction de l’entreprise et de l’Etat, ils sont passés à l’action en détruisant par le feu une bobine de 200 kilos toutes les douze heures. Patrice Schaafs, délégué syndical CGT déclarait ainsi à France Info le 29 janvier : « Nous sommes les seuls en France à fabriquer ce papier pour les cartes grises, et les préfectures vont être en pénurie d’ici deux mois. » Les salariés demandent notamment de meilleures indemnités, avec le soutien des élus locaux qui redoutent la fermeture du site spécialisé dans la fabrication de papier fiduciaire et sécurisé depuis près de quatre siècles. En juin 2018, un pont avait d’ailleurs été inauguré pour permettre aux semi-remorques d’accéder à la papeterie, ouvrage financé par la commune de Jouy-sur-Morin, l’Etat et le département. Une réunion devait se tenir, mardi 29 janvier, à la sous-préfecture de Provins, en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Une marche solidaire dans la Sarthe
La semaine dernière, à Bessé-sur-Braye dans la Sarthe, d’autres salariés d’Arjowiggins avaient organisé une marche solidaire pour alerter sur leur situation en attendant les offres d’éventuels repreneurs – à déposer avant le 4 février. 100 000 heures de chômage partiel ont été demandées par les administrateurs pour deux sites spécialisés dans la production de papier recyclé et de carton graphique (à Bessé-sur-Braye et Saint-Mars-la-Brière). Plus de 500 employés seraient touchés par une baisse de salaire conséquente.

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